À retenir
- La fourniture est la seule part de la facture soumise à la concurrence : achats d'énergie, production éventuelle et gestion commerciale.
- Un fournisseur qui garantit un prix fixe porte le risque de marché ; il le facture sous forme de marge et de couverture, ce que le client paie même les années où le marché baisse.
- Une offre dynamique transfère ce risque au client : le médiateur la réserve aux consommateurs très avertis.
- Les prix à terme servent de référence pour tout le marché résidentiel, y compris pour la composante fourniture du tarif réglementé.
Ce que recouvre le mot « fourniture »
D'après le médiateur national de l'énergie, la fourniture couvre trois choses : les achats d'énergie (électricité ou gaz), la production pour les fournisseurs qui possèdent des centrales, et la gestion commerciale. C'est la seule composante de la facture soumise à la concurrence ; l'acheminement est un tarif régulé et les taxes sont fixées par les pouvoirs publics : les barèmes de l'acheminement et les taux ou montants unitaires des taxes ne dépendent pas du fournisseur pour une même puissance et une même formule d'acheminement. Les montants en euros peuvent toutefois différer : la TVA suit l'assiette, donc le prix de fourniture, et la formule d'acheminement retenue par le fournisseur modifie l'acheminement variable et la CTA.
Dans cette part, trois éléments méritent d'être distingués : le coût d'approvisionnement, la marge du fournisseur et ce que l'on appelle la couverture du risque. C'est cette dernière qui explique pourquoi deux offres au même coût d'achat peuvent avoir des prix différents.
Acheter à l'avance pour garantir un prix
Pour promettre un prix fixe pendant un an ou deux, un fournisseur achète tout ou partie de l'électricité à l'avance sur les marchés à terme. Le bilan électrique de RTE rappelle que ces marchés permettent de sécuriser une partie de l'approvisionnement à un prix négocié à l'avance, alors que le prix du jour (spot) est de plus en plus volatil : en 2025, l'écart moyen entre le maximum et le minimum de prix sur une journée a atteint 89,7 €/MWh.
RTE précise aussi que les prix à terme jouent un rôle décisif dans les factures des consommateurs : ils entrent dans le calcul de la composante fourniture du tarif réglementé, qui sert de repère à l'ensemble des offres résidentielles. Les contrats à terme pour une livraison l'année suivante ont été négociés à 61 €/MWh en moyenne en 2025, contre 77 €/MWh en 2024.
La marge et la couverture : un exemple hypothétique
Imaginons un fournisseur qui achète 1 MWh à terme à 65 €, soit 0,065 €/kWh hors taxe. Il ajoute une marge commerciale (service, facturation, impayés) de 0,010 €/kWh et une prime de couverture de 0,003 €/kWh, destinée à absorber l'écart entre sa consommation prévue et celle de ses clients, ou les variations de prix s'il doit racheter de l'électricité. La fourniture à facturer est de 0,078 €/kWh, soit 0,0936 € TTC avant acheminement et taxes. (Valeurs inventées pour l'illustration.)
Ce raisonnement montre deux choses. Un prix fixe n'est pas un prix de marché figé : il contient une assurance, et cette assurance a un coût même si les prix baissent ensuite. Et la marge n'est qu'un élément parmi d'autres : une offre qui paraît chère peut simplement incorporer plus de couverture.
Prix fixe, indexé, dynamique : qui porte quel risque
Dans une offre à prix fixe, le fournisseur s'engage sur un prix pour une durée déterminée, généralement un à trois ans d'après le médiateur ; il porte le risque. Dans une offre indexée sur le tarif réglementé ou sur les marchés, le prix varie : le client en porte une partie. Dans une offre à tarification dynamique, le kWh évolue chaque heure en fonction des marchés, et le médiateur indique qu'elle transfère le risque prix du fournisseur vers le consommateur et la réserve aux consommateurs très avertis.
La question à poser à un fournisseur n'est donc pas « quelle est votre marge ? », rarement communiquée, mais « quel risque portez-vous, et lequel me laissez-vous ? ». Un prix plus bas avec un risque transféré est un choix légitime pour qui sait déplacer sa consommation. Ce n'est pas une économie garantie.
Lire une variation de tarif réglementé avec ces notions
Quand les tarifs réglementés ont augmenté de 2,5 % TTC en moyenne au 1er août 2026, le médiateur a précisé que l'impact dépend de la consommation, de la puissance et de l'option, et que la hausse concerne aussi les offres de marché indexées sur le tarif réglementé. Les autres offres de marché évoluent selon leur contrat. Un prix fixe n'est pas touché, un prix indexé l'est : c'est exactement la différence de risque décrite plus haut.
Questions fréquentes
Un fournisseur peut-il baisser mon prix fixe si les marchés baissent ?
Pas automatiquement : un prix fixe est garanti pour la durée du contrat, dans les deux sens. Vous pouvez en revanche changer d'offre à tout moment sans frais, ce qui permet de profiter d'une baisse du marché en changeant de contrat.
Peut-on connaître la marge d'un fournisseur ?
Rarement. Les fournisseurs publient leurs prix, pas la décomposition interne. Le plus utile est de comparer les prix TTC et le type d'offre (fixe, indexé, dynamique), qui renseignent sur le risque que le fournisseur vous laisse.
Sources et vérifications
Compare Watt est exploité par YENKA ENERGIE. Ce guide est informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée.
