À retenir
- Le kW mesure une vitesse de consommation, le kWh une quantité ; l'abonnement suit l'un, la part variable l'autre.
- Réduire un pic ne réduit pas forcément les kWh, et déplacer des kWh ne réduit pas forcément le pic.
- Avant d'accepter une rémunération de flexibilité, demandez si elle porte sur une puissance, une énergie ou un déplacement.
Deux grandeurs, deux factures
La puissance, en kW, mesure à quelle vitesse on consomme. L'énergie, en kWh, mesure combien on a consommé. La documentation de Home Assistant en donne une image simple : la puissance est la vitesse d'un trajet, l'énergie la distance parcourue.
Votre facture mêle les deux. Dans la présentation des tarifs réglementés par la CRE, une part fixe en euros par an dépend de la puissance souscrite, tandis que la part variable est un prix en centimes par kWh consommé. Passer à une puissance souscrite plus faible réduit l'abonnement ; déplacer des kWh vers des heures moins chères réduit la part variable, si votre contrat distingue les heures.
Ce que le système électrique valorise
Le système a besoin de puissance disponible aux moments de tension, et d'énergie à bas prix aux moments d'abondance. La flexibilité en kW sert surtout à passer les pointes ; la flexibilité en kWh sert à épouser la production disponible.
Le mécanisme de capacité illustre le premier besoin. Selon RTE, il vise à assurer l'approvisionnement pendant les pointes hivernales grâce à la disponibilité de capacités de production et d'effacement ; les engagements de disponibilité sont vérifiés pendant les périodes de pointe. Sa valeur se compte en MW disponibles au bon moment, pas en kWh consommés sur l'année.
Le marché du jour illustre le second. Son prix varie heure par heure, voire par quart d'heure, et récompense les kWh consommés quand la production est abondante, comme le décrit notre guide sur les prix négatifs.
Un exemple hypothétique de logement trop chargé
Hypothèses pour illustrer la méthode : une voiture à 7,4 kW, un ballon à 2,2 kW, une cuisson à 2,5 kW et un lave-linge à 2 kW fonctionnent en même temps. La somme est 7,4 + 2,2 + 2,5 + 2 = 14,1 kW, au-dessus d'une puissance souscrite de 9 kVA. La comparaison entre kW et kVA est approximative : gardez une marge, la plaque de chaque appareil et votre compteur font foi.
Trois pistes, recalculées. Décaler la voiture à une autre heure retire 7,4 kW : il reste 14,1 − 7,4 = 6,7 kW, sous la limite. Limiter seulement la voiture à 3,7 kW ne suffit pas : 3,7 + 2,2 + 2,5 + 2 = 10,4 kW, encore au-dessus de 9 kVA. Limiter la voiture à 3,7 kW et reporter en plus le ballon donne 3,7 + 2,5 + 2 = 8,2 kW, sous la limite, mais la même énergie de 22,2 kWh demande alors six heures au lieu de trois. Dans tous les cas, l'énergie consommée est identique : seul le moment change.
Quelle mesure pour quel objectif
Si l'objectif est de réduire l'abonnement, la mesure pertinente est le pic réel de puissance, que Linky permet de relever. Si l'objectif est de payer moins le kWh, il faut un contrat dont les prix varient et des usages réellement décalables.
Si un opérateur d'effacement vous propose une rémunération, demandez ce qu'il rémunère : une puissance disponible, une énergie effacée, ou un déplacement. Ces trois cas ne se comparent pas directement.
Questions fréquentes
Baisser ma puissance souscrite réduit-elle la consommation ?
Non. Elle réduit l'abonnement, à condition que votre pic réel reste en dessous de la nouvelle limite. La consommation en kWh ne change que si vos usages changent.
Déplacer ma consommation réduit-il mon pic de puissance ?
Pas forcément. Si vous déplacez plusieurs usages vers la même heure, vous pouvez créer un nouveau pic. Il faut examiner la courbe de charge avant et après.
Sources et vérifications
Compare Watt est exploité par YENKA ENERGIE. Ce guide est informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée.
