À retenir
- Gain annuel brut = énergie chargée × (rendement × valeur du kWh évité − coût du kWh chargé) ; le temps de retour est le coût installé divisé par ce gain, diminué des coûts annuels.
- Cas solaire avec surplus à 1,1 c€/kWh : 1 100 kWh stockés rapportent environ 186 € par an, soit 24 ans de retour pour 4 500 € ; cas arbitrage heures creuses : environ 37 € par an, plus de 120 ans.
- Les deux variables qui décident sont l'écart de prix net par kWh et le coût installé, TVA comprise : une batterie posée avec l'installation est à 20 %.
- Photovoltaique.info écrit qu'il est rarement rentable d'installer un système de stockage pour l'autoconsommation en France ; ce calcul permet de vérifier si votre cas fait exception.
Pourquoi un calcul explicite
Les arguments commerciaux (« rentabilisée en N ans ») reposent sur des hypothèses rarement affichées : par rapport à quoi, sur quelle période, avec quels prix, quels cycles, quel rendement. Le calcul qui suit est volontairement simple : il ne remplace pas une étude personnalisée, mais montre ce qui fait varier le résultat.
Les six étapes
Un. Énergie chargée par an E, en kWh : capacité utile multipliée par le nombre de cycles réellement valorisés (pas 365 par défaut). Deux. Rendement aller-retour r. Trois. Valeur du kWh évité à la décharge Vd et coût du kWh chargé Vc. Quatre. Gain annuel brut G = E × (r × Vd − Vc). Cinq. Coûts annuels de dégradation et de maintenance. Six. Temps de retour = coût installé ÷ (G − coûts annuels).
Reprenez chaque variable avec vos chiffres : cycles valorisés, écart de prix mesuré sur l'historique de votre offre, coût installé tout compris, TVA incluse.
Cas 1 : batterie sur une installation solaire
Batterie de 5 kWh utiles, 220 cycles valorisés, E = 1 100 kWh, r = 0,90. Vd = 0,2001 € (tarif réglementé Base à 6 kVA, août 2026). Vc = 0,011 €, le prix auquel le surplus aurait été vendu sous obligation d'achat depuis le 5 juin 2026. G = 1 100 × (0,9 × 0,2001 − 0,011) = 1 100 × 0,169 = 186 € par an. Avec un coût installé de 4 500 € : 24 ans de retour brut. Si l'on retire 45 € par an de dégradation et de maintenance, 32 ans.
Cas 2 : arbitrage sur heures creuses
Même batterie, rechargée sur le réseau en heures creuses (Vc = 0,1589 €) et déchargée en heures pleines (Vd = 0,2142 €). G = 1 100 × (0,9 × 0,2142 − 0,1589) = 1 100 × 0,0339 = 37 € par an. Retour : plus de 120 ans. Rappel : cet arbitrage sur le réseau est exclu pour une batterie raccordée à un système sous obligation d'achat, qui ne doit se charger que depuis le solaire.
Test de sensibilité
Cas 1, une variable à la fois. Cycles valorisés 150, 220, 300 : retour de 35,5, 24,2 et 17,8 ans. Coût installé 3 500, 4 500, 5 500 € : 18,8, 24,2 et 29,6 ans. Écart de prix net 0,034, 0,08, 0,169 et 0,25 €/kWh (avec 220 cycles et 4 500 €) : 120, 51, 24 et 16 ans. Les deux variables qui pèsent le plus sont l'écart de prix net et le coût installé : mesurez le premier sur un an et négociez le second.
La TVA pèse sur le second : une batterie à 3 000 € hors taxe coûte 3 600 € TTC, mais posée avec l'installation, elle fait passer toute l'opération à 20 %, ce qui ajoute environ 800 € à une installation de 5 500 € hors taxe.
Quand le résultat devient favorable
Un écart de prix plus large, un coût installé réduit, une durée de vie plus longue ou un usage multiple (solaire, arbitrage, secours). Pour le solaire, un surplus presque sans valeur à la revente améliore le calcul du cas 1 par rapport à une période où le tarif de rachat était plus élevé ; ce n'en fait pas une opération rentable en soi.
Lire une promesse commerciale
Demandez : par rapport à quoi (une installation sans batterie, un autre tarif) ; sur quelle période ; avec quels prix ; avec quelles hypothèses de cycles ; avec quel rendement. Une rentabilité annoncée sans ces cinq éléments n'est pas vérifiable. Notez la réponse, ou son absence, dans votre dossier de décision.
Questions fréquentes
Peut-on amortir une batterie en moins de dix ans ?
Dans les cas chiffrés ici, non. Il faudrait un écart de prix net de l'ordre de 0,4 €/kWh (4 500 € ÷ 1 100 kWh ÷ 10 ans) ou un coût installé nettement plus bas, ou des usages multiples (secours, aides) qui apportent de la valeur hors facture.
Faut-il compter 365 cycles par an ?
Non : en autoconsommation solaire, la batterie ne se remplit pas l'hiver, et en arbitrage, les jours plats ne rapportent rien. Comptez seulement les cycles réellement valorisés.
Sources et vérifications
- photovoltaique.info — Les batteries
- photovoltaique.info — Arrêté tarifaire en vigueur depuis le 5 juin 2026 : tarif de vente ≤ 100 kWc
- EDF — Grille de prix de l'offre Tarif Bleu applicable au 1er août 2026 (PDF)
- photovoltaique.info — Taux de TVA des installations photovoltaïques résidentielles (dernière modification 21 juillet 2026)
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