À retenir
- FCR et aFRR sont automatiques, mFRR est manuelle via le mécanisme d'ajustement.
- Les batteries françaises (environ 1 GW fin 2024) servent surtout aux services système, selon RTE.
- Les offres de réserve commencent à 1 MW : un foyer n'y accède que dans un regroupement.
Trois réserves, du plus rapide au plus lent
Le réseau doit équilibrer à tout instant production et consommation. RTE s'appuie pour cela sur des réserves de puissance, à la hausse comme à la baisse. Trois réserves s'enchaînent : la réserve de confinement de la fréquence (FCR), activée automatiquement selon l'écart de fréquence autour de 50 Hz ; la réserve de restauration automatique (aFRR), activée automatiquement selon le niveau de réglage ; et la réserve manuelle (mFRR), activée manuellement via le mécanisme d'ajustement.
Le dimensionnement s'appuie sur des incidents de référence. D'après RTE, l'incident positif est la perte du plus gros groupe de production, un réacteur de 1 500 MW, et l'incident négatif la perte du plus gros point de consommation, la station de pompage de Grand'Maison, pour 1 280 MW.
Comment RTE les achète
La capacité FCR est achetée par des appels d'offres transfrontaliers la veille, via la coopération FCR. Les offres sont symétriques, par blocs de quatre heures, d'au moins 1 MW, déposées avant 8 h la veille avec des résultats à 8 h 30. La capacité retenue est rémunérée au prix marginal ; l'énergie activée est valorisée au prix spot par quart d'heure.
Depuis le 19 juin 2024, la capacité aFRR est achetée par un appel d'offres national quotidien, par heures, à la hausse ou à la baisse, avec un minimum de 1 MW et un dépôt avant 9 h. Pour la réserve manuelle, les besoins ciblés du 18 novembre 2026 au 31 mars 2027 vont de 1 410 à 2 398 MW à la hausse selon la plage horaire, et de 1 302 à 2 054 MW à la baisse. Depuis le 1er octobre 2026, les appels d'offres périodiques sont mensuels.
La place des batteries
RTE estime à environ 1 GW les batteries raccordées fin 2024 en France. Elles contribuent surtout aux services système, avec près de 600 MW certifiés en réserve primaire et environ 80 MW en réserve secondaire. Le bilan 2025 évoque aussi environ 13 GW de projets en file d'attente de raccordement.
RTE note que la viabilité économique des batteries au-delà des services système reste incertaine : elle dépend de la volatilité des prix sur les marchés du jour et infra-journalier et d'un risque de cannibalisation des revenus par l'arrivée d'autres batteries. Les besoins en services système sont, eux, limités.
Et pour un foyer ?
La participation est ouverte à toutes les capacités certifiées en France métropolitaine, quelle que soit la technologie et le niveau de raccordement. Mais les offres commencent à 1 MW. Hypothèse de calcul : avec 1,5 kW flexibles par foyer, il faudrait environ 1 000 / 1,5 ≈ 667 foyers disponibles simultanément pour atteindre 1 MW, avant de tenir compte des indisponibilités.
Pour une réserve manuelle, RTE indique qu'un client raccordé doit devenir acteur d'ajustement ou passer par un agrégateur. Une batterie domestique ne vend donc pas, en pratique, de réserve seule : elle ne peut le faire que dans le cadre d'un regroupement certifié, avec les contrats, la mesure et les engagements de disponibilité que cela suppose.
Questions fréquentes
Une batterie domestique peut-elle fournir de la réserve de fréquence ?
Seule, non, vu le seuil de 1 MW. Dans un regroupement certifié par un agrégateur, c'est possible sous conditions de matériel, de mesure et de contrat.
Les réserves de fréquence font-elles baisser ma facture ?
Pas directement. Elles servent la stabilité du système ; leur effet sur votre facture passe, le cas échéant, par une rémunération contractuelle de l'agrégateur ou par les coûts du système.
Sources et vérifications
Compare Watt est exploité par YENKA ENERGIE. Ce guide est informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée.
