Label VertVolt de l'ADEME : lire les deux niveaux, vérifier une mention et en connaître les limites

VertVolt distingue les fournisseurs liés à des producteurs renouvelables français : niveau 1 « engagé » (achat d'une quantité équivalente en France), niveau 2 « très engagé » (au moins 30 % de projets à gouvernance partagée ou sans subventions de l'État). Ce que le label ne garantit pas.

Équipe Compare Watt · Mis à jour le · 5 min de lecture

À retenir

  • VertVolt est un label de l'ADEME qui distingue les fournisseurs soutenant activement la production d'énergie renouvelable en France, selon deux niveaux.
  • Niveau 1 : le fournisseur achète à des producteurs renouvelables en France une quantité équivalente à celle vendue ; niveau 2 : en plus, au moins 30 % de cette électricité vient d'installations de collectivités à gouvernance partagée ou d'acteurs sans subventions de l'État.
  • Le label porte sur l'origine et les achats, pas sur le prix ni sur le service client ; l'équivalence est garantie chaque mois, pas à chaque instant : le taux de couverture demi-horaire indique la corrélation entre production et consommation.
  • Ne présumez pas que le label d'un fournisseur couvre toutes ses offres : vérifiez-le pour l'offre exacte, dans le contrat et le comparateur.

À quoi sert ce label

La page de l'ADEME (mise à jour le 16 janvier 2026) part d'un constat : la plupart des offres d'électricité sont affichées comme vertes, alors qu'un fournisseur peut déclarer son offre verte en achetant des garanties d'origine à des producteurs européens, même s'il achète l'électricité qu'il revend à un producteur utilisant du gaz, du charbon ou une autre énergie non renouvelable. Les certificats peuvent venir de pays éloignés, sans échange d'électricité avec la France, et leur prix très bas ne finance pas vraiment de nouvelles installations. VertVolt est le label que l'ADEME a créé pour les offres dont le fournisseur est lié à des producteurs renouvelables en France sur la totalité de l'électricité qu'il fournit. Le médiateur national de l'énergie le présente de la même façon dans sa fiche.

Les deux niveaux

Niveau 1, « engagé » : le fournisseur achète à des producteurs d'énergies renouvelables en France une quantité d'électricité équivalente à celle qu'il vous vend. Niveau 2, « très engagé » : même achat, et au moins 30 % de cette électricité provient d'installations mises en place par des collectivités territoriales avec une gouvernance partagée (projets citoyens, par exemple) ou par d'autres acteurs, mais sans subventions de l'État.

Le label impose aussi aux fournisseurs de préciser la provenance de l'électricité (technologie et région de production), la composition des achats aux producteurs sans soutien public ou à gouvernance partagée, la part de clients ayant activé le suivi de consommation du compteur Linky, la proportion de clients ayant souscrit une offre labellisée et le taux de couverture demi-horaire. Il impose des mesures de sensibilisation aux économies d'énergie. Les données de chaque offre labellisée sont publiées sur data.ademe.fr, d'après la page ; nous n'avons pas relu ces données.

Ce que veut dire l'équivalence : le taux de couverture demi-horaire

La page de l'ADEME précise que l'équivalence est garantie chaque mois : pour chaque mois de l'année, le fournisseur achète une quantité d'électricité renouvelable en France équivalente à la consommation des clients de l'offre labellisée. En instantané, la production renouvelable achetée peut ne pas correspondre à la consommation de ces clients. Le taux de couverture demi-horaire mesure à quel point production renouvelable et consommation sont corrélées dans le temps. Le label informe donc sur cette corrélation, mais ne garantit pas une couverture de 100 % à chaque instant.

Lire une mention, sans lui faire dire plus

Une offre affiche « VertVolt niveau 1 » : le fournisseur achète en France, sur chaque mois, l'équivalent de ce que vendent les clients de l'offre ; on ne peut pas en déduire qu'une part vienne de projets à gouvernance partagée ou sans subventions. Une autre affiche « niveau 2 » : au moins 30 % de l'électricité vient de ces installations. Un prix plus élevé peut refléter cet engagement, sans que ce soit une règle.

Si une offre se dit verte sans label ni détail, demandez où sont achetées les garanties d'origine, si elles sont adossées à l'électricité vendue, et quelle part est française. Vérifiez que la mention concerne l'offre exacte que vous envisagez, dans le contrat et dans le comparateur.

Ce que le label ne dit pas

Il ne dit rien du mode de facturation (prix fixe ou indexé), de la qualité du service client, ni de l'empreinte carbone de votre consommation à un instant donné, qui dépend du mix du réseau à ce moment. L'équivalence mensuelle et le taux de couverture demi-horaire renseignent sur la correspondance entre production et consommation, mais pas sur le contenu en carbone de chaque kWh que vous tirez. Choisir une offre labellisée est un geste de soutien ; consommer moins de carbone à chaque heure relève d'un autre levier, déplacer ses usages vers les heures de production abondante.

Comparer deux offres labellisées : un calcul

Offre X au niveau 1 à 0,175 €/kWh d'énergie, offre Y au niveau 2 à 0,185 €/kWh. Sur 3 000 kWh par an, l'écart est de 30 €. En payant 30 € de plus, vous passez d'un achat équivalent auprès de producteurs français à un achat dont au moins 30 % provient d'installations à gouvernance partagée ou sans subventions de l'État. Le label vous donne le moyen de formuler le choix : « suis-je prêt à payer 1 centime par kWh pour cette part ? ». Il n'y a pas de bonne réponse universelle, seulement une réponse explicite. Comparez aussi le taux de couverture demi-horaire des deux offres, qui est publié pour chaque offre labellisée.

Où vérifier

Cherchez la mention dans les conditions générales, la fiche d'information de l'offre et le comparateur du médiateur, qui affiche la labellisation. Le comparateur propose aussi de classer les offres par pourcentage d'énergie verte. Une mention seulement publicitaire, sans trace dans les documents contractuels, mérite une question écrite au fournisseur.

Questions fréquentes

Une offre labellisée est-elle forcément plus chère ?

Pas nécessairement : le label porte sur l'origine et le soutien aux producteurs, pas sur le prix. Comparez le coût annuel TTC avec vos kWh, puis ajoutez le critère du label si vous le souhaitez.

Un fournisseur labellisé l'est-il pour toutes ses offres ?

Ne le présumez pas : les sources lues ne le précisent pas. Vérifiez la mention pour l'offre précise que vous envisagez, dans son contrat et dans le comparateur.

Sources et vérifications

Compare Watt est exploité par YENKA ENERGIE. Ce guide est informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée.

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