À retenir
- En 2025, le solaire a produit 32,9 TWh (+32,7 %) et 5,9 GW de capacité ont été installés ; la déformation du profil horaire des prix, avec des prix bas ou négatifs à midi, en est la conséquence directe.
- Le prix spot moyen a été de 61,1 €/MWh en 2025 (58 en 2024) : une moyenne qui cache 513 heures négatives et 1 807 heures à plus de 100 €/MWh.
- Le volume de production solaire et éolienne modulée pendant les épisodes de prix négatifs a doublé en 2025 par rapport à 2024.
- Une moyenne annuelle ne se transpose pas à un profil : un foyer qui consomme le soir et un foyer qui consomme à midi ne subissent pas la même année.
La chaîne, de la production aux prix
RTE relie dans son bilan 2025 deux chapitres. Côté production, le solaire a produit 32,9 TWh, soit 32,7 % de plus qu'en 2024, grâce à un meilleur ensoleillement et à la hausse de la capacité installée : 5,9 GW ajoutés en 2025, pour un parc de 30,4 GW fin 2025. Il a couvert en moyenne 7,5 % de la consommation de la France métropolitaine. Côté prix, la même croissance, en France et en Europe, a déformé le profil horaire : le plateau de midi est devenu un creux, avec des prix bas, voire négatifs, surtout au printemps.
La cause est simple et mécanique : le solaire produit tout en même temps, au moment où la demande est modérée. L'effet sur les prix se voit d'abord sur les heures de milieu de journée.
Les chiffres de prix relus
Le prix spot moyen annuel est de 61,1 €/MWh en 2025, contre 58 en 2024 et 275,9 en 2022. La volatilité reste élevée : amplitude journalière moyenne de 89,7 €/MWh. 513 heures de prix négatifs (352 en 2024), dont 133 en mai et 130 en juin, et 1 807 heures à plus de 100 €/MWh (1 382 en 2024). Le prix moyen mensuel varie de 19,4 €/MWh en mai à 122,7 en février.
Ces extrêmes ne se compensent pas dans une facture : un foyer qui consomme à midi et un autre qui consomme le soir paient des prix moyens très différents, avec la même moyenne annuelle de marché.
La modulation : ce que font les producteurs quand le prix est négatif
RTE indique que les parcs éoliens et solaires, dont beaucoup perçoivent un complément de rémunération qui ne rémunère pas la production à prix négatif, ont réduit leur production pendant les épisodes de prix négatifs : le volume modulé a doublé en 2025 par rapport à 2024, et les ajustements à la baisse demandés par RTE pour équilibrer le réseau ont concerné 0,1 TWh de production solaire et éolienne. La modulation contribue à l'équilibre du réseau, mais RTE insiste sur le fait qu'elle doit être maîtrisée : arrêter ou redémarrer de gros volumes en même temps expose à des perturbations de fréquence ou au recours à des moyens d'ajustement coûteux.
Ce qu'on peut en conclure, et ce qu'on ne peut pas
Conclusion modeste : le profil des prix est plus contrasté, ce qui récompense la flexibilité et pénalise l'inattention. On ne peut pas conclure que 2026 ressemblera à 2025, ni qu'une offre à prix de marché est avantageuse : il faudrait rejouer votre courbe de charge. On ne peut pas non plus confondre prix de marché et prix payé : acheminement, taxes et marge s'ajoutent. Et le médiateur national de l'énergie le rappelle : ces offres sont réservées aux consommateurs très avertis, en raison de cette variabilité.
Exemple hypothétique pour illustrer l'effet de profil : foyer A consommant surtout le soir, prix moyen pondéré de l'énergie 0,085 €/kWh ; foyer B consommant surtout à midi et la nuit, 0,045 €/kWh. Sur 4 000 kWh, l'énergie coûte 340 € pour A et 180 € pour B, avec le même marché. Ces chiffres sont inventés ; ils montrent pourquoi une moyenne ne se transpose pas.
Comment citer ces chiffres sans les déformer
Citez l'année, la source et le périmètre : « selon RTE, le prix spot a été négatif pendant 513 heures en 2025 ». Évitez « l'électricité est gratuite » et « les prix explosent ». Évitez les pourcentages sans base : 513 heures sur 8 760 font environ 5,9 % du temps, un calcul fait ici à partir des chiffres de RTE. La conclusion juste pour un lecteur est que le contraste des prix grandit, sans dire comment sa facture évoluera.
Questions fréquentes
Le solaire fait-il baisser durablement les prix de l'électricité ?
Il baisse les prix de milieu de journée aux saisons ensoleillées, mais les pointes du matin et du soir sont plus hautes, surtout à cause du prix du gaz, d'après RTE. L'effet sur une facture dépend de votre contrat et de vos heures de consommation.
Pourquoi les parcs solaires réduisent-ils leur production quand le prix est négatif ?
Parce que, selon RTE, certains mécanismes de soutien ne rémunèrent pas la production pendant ces épisodes : ils ont donc intérêt à ne pas produire. C'est une modulation économique, distincte de celles demandées par RTE pour équilibrer le réseau.
Sources et vérifications
Compare Watt est exploité par YENKA ENERGIE. Ce guide est informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée.
