À retenir
- Le ballon stocke de l'énergie : une règle de base chauffe chaque jour pendant les heures les moins chères d'une fenêtre autorisée, juste assez longtemps pour atteindre la température cible.
- Cinq paramètres suffisent : durée de chauffe, fenêtre autorisée, seuil de prix, température minimale de sécurité et heure limite.
- Avec l'écart du Tarif Bleu (5,53 centimes par kWh), déplacer 1 095 kWh de ballon par an rapporte environ 60 € : une automatisation ne se justifie que si elle est simple et fiable.
- Un contacteur piloté doit pouvoir être contourné, et la règle de repli doit chauffer sur des plages fixes si le prix est indisponible.
La logique de la règle
Un ballon à accumulation n'a pas besoin de chauffer au moment où l'on consomme l'eau chaude. La règle de base : chaque jour, chauffer pendant les heures les moins chères d'une fenêtre autorisée, assez longtemps pour atteindre la température cible ; le reste du temps, le ballon est coupé. Une automatisation domestique, par exemple dans Home Assistant, combine un prix par période, un relais ou contacteur commandant le ballon et, si possible, un capteur de température. La documentation de Home Assistant permet de suivre l'énergie du ballon comme appareil individuel (prise connectée, module de mesure), ce qui donne la mesure de contrôle.
Les cinq paramètres
La durée de chauffe quotidienne (énergie ÷ puissance de la résistance). La fenêtre autorisée, par exemple de 11 h à 16 h et de 23 h à 7 h, qui reprend les plages d'heures creuses annoncées par le médiateur national de l'énergie. Le seuil de prix au-delà duquel on ne chauffe pas, sauf urgence. La température minimale de sécurité, en dessous de laquelle la chauffe se déclenche quel que soit le prix. L'heure limite après laquelle le ballon doit être chaud.
Exemple : un besoin de 3 kWh avec une résistance de 2 kW, soit 1,5 heure. Si les trois heures les moins chères tombent entre 12 h et 15 h, la règle y chauffe 1,5 heure ; si leur prix dépasse le seuil, elle chauffe quand même 1,5 heure aux moins chères de la nuit pour garantir l'eau chaude du matin.
Ce que cela rapporte
Avec l'écart HP/HC du Tarif Bleu d'EDF au 1er août 2026 (21,42 − 15,89 = 5,53 centimes), un ballon de 3 kWh par jour, soit 1 095 kWh par an, rapporte au maximum 60,55 € s'il était entièrement en heures pleines avant. Un contacteur ou une horloge de 40 € se rembourse en moins d'un an dans ce cas ; un module connecté de 90 € en un an et demi. Si votre ballon est déjà piloté par le signal du compteur, n'ajoutez rien : vérifiez que les plages correspondent à vos horaires actuels.
Sécurité et plan de secours
Un contacteur commandé par une automatisation doit pouvoir être contourné : un interrupteur manuel ou un mode « marche forcée » évite de rester sans eau chaude en cas de panne. Si la source de prix est indisponible, la règle de repli doit chauffer sur des plages fixes ; testez ce cas en coupant la connexion. Ne modifiez pas le câblage d'un chauffe-eau sans compétence : faites intervenir un électricien. La température de consigne relève de la sécurité sanitaire de l'installation : ne la baissez pas sans l'avis de l'installateur.
La règle en pseudo-langage
Chaque jour à 15 h, récupérer les prix du lendemain. Parmi les périodes comprises entre 23 h et 7 h et entre 11 h et 16 h, sélectionner les plages les moins chères qui totalisent 1,5 heure. Programmer le relais sur ces plages. Si le prix n'est pas disponible à 17 h, appliquer la plage fixe de 23 h à 1 h 30. Si la température mesurée passe sous 45 °C, forcer la chauffe jusqu'à 55 °C quel que soit le prix. Ces températures sont fictives : utilisez celles de l'installateur ou du fabricant, car elles ne constituent pas une recommandation sanitaire.
Cette description n'est pas du code : elle sert à vérifier avec une personne non technique que la règle correspond à l'intention. Traduisez-la ensuite dans l'outil de votre choix en testant chaque branche. Les valeurs de température sont des exemples à remplacer par celles de votre installateur.
Mesurer le résultat
Comparez, après un mois, le coût d'énergie du ballon avec l'ancien mode (plage fixe de nuit) : prix moyen payé par kWh de ballon, avant et après. Relevez les incidents (eau pas assez chaude) : un incident répété vaut plus que quelques euros d'économie. Si l'écart est inférieur à quelques euros par mois, la complexité n'est pas justifiée.
Questions fréquentes
Une automatisation est-elle nécessaire si j'ai déjà des heures creuses ?
Pas toujours : le contacteur jour et nuit relié au compteur suffit souvent. L'automatisation sur prix variable n'a de sens que si votre offre varie d'une heure à l'autre et que l'écart est assez large pour couvrir son coût.
Que se passe-t-il si ma domotique plante ?
C'est le rôle du repli : une règle de niveau 1 (plage fixe) doit chauffer sans domotique, et un interrupteur manuel doit permettre la marche forcée. Testez-les au moins une fois par saison.
Sources et vérifications
Compare Watt est exploité par YENKA ENERGIE. Ce guide est informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée.
