À retenir
- Pour chaque équipement piloté, une question suffit : que fait-il si plus personne ne lui donne d'ordre ? Un ballon éteint est un problème au bout de deux jours ; un ballon allumé ne coûte que plus cher.
- Trois niveaux de repli, du plus simple au plus fruste : horaires fixes, dernier planning connu (cache du prix du lendemain), interrupteur manuel physique.
- Des capteurs peuvent devenir indisponibles (la lecture TIC du Linky, toutes les 10 secondes, le devient si la trame est incomplète) ; les compteurs Utility Meter et Integral conservent leur valeur lors des redémarrages.
- Testez chaque saison : coupez internet, la source de prix, redémarrez la domotique, et notez ce qui se passe.
Une automatisation est une dépendance
Dès que le chauffe-eau, la borne ou la batterie dépendent d'un serveur, d'une connexion ou d'une source de prix, une panne de l'un d'eux peut dégrader le service. L'objectif d'un bon pilotage n'est pas de ne jamais tomber en panne, mais de tomber en panne proprement : l'état par défaut doit être acceptable. Pour chaque équipement, répondez à la question : « que fait-il si plus personne ne lui donne d'ordre ? »
Les pannes à prévoir
La source de prix est absente ou en retard. Le réseau domestique ou internet est coupé. La domotique redémarre et perd ses états. Une mise à jour casse une intégration. Une donnée est aberrante (prix négatif très profond, valeur manquante, journée de 92 ou 100 périodes au changement d'heure). Un compteur ou un capteur n'envoie plus de mesures.
La documentation de Home Assistant donne un exemple concret pour ce dernier cas : l'intégration Teleinfo, qui lit la sortie TIC du Linky, interroge le compteur toutes les 10 secondes ; si aucune trame complète n'arrive dans le délai, les entités deviennent indisponibles jusqu'à la lecture suivante. Une règle qui s'appuie sur ce capteur doit donc prévoir l'état « indisponible ». À l'inverse, les compteurs Utility Meter et les capteurs Integral conservent leur valeur lors des redémarrages ; l'option « capteur toujours disponible » de l'Utility Meter garde la dernière valeur même si la source devient indisponible, mais la documentation avertit que, dans ce cas, le capteur ne change plus tant que la source ne revient pas : à utiliser en connaissance de cause.
Les modes de repli, par ordre de simplicité
Niveau 1 : horaires fixes (le ballon chauffe de 23 h à 7 h). Niveau 2 : dernier planning connu : le prix du lendemain étant connu la veille, une règle peut le conserver en cache et continuer si la connexion tombe en cours de journée. Niveau 3 : interrupteur manuel physique (marche forcée). Chaque niveau doit être testé : coupez volontairement la connexion ou la source de prix et vérifiez que l'équipement passe au niveau suivant.
Exemple : un foyer débranche son routeur un après-midi. Le ballon, programmé pour chauffer dans le creux de prix, continue son cycle (prix en cache). Le soir, la borne n'a pas reçu de planning pour le lendemain : le niveau 1 la lance entre 23 h et 7 h.
Surveiller et alerter
Mettez en place une alerte quand une donnée critique est absente depuis plus de quelques heures (prix, état de charge, énergie du ballon). Une notification vaut mieux qu'une surprise. Gardez un journal simple : date, règle déclenchée, valeur de prix. Revoyez le dispositif à chaque changement de saison, de matériel ou d'offre, en particulier quand les plages d'heures creuses ou le pas de temps du prix changent. La FAQ de Home Assistant rappelle de plus que des données fausses enregistrées dans les statistiques à long terme demandent une correction manuelle : surveillez les totaux après un incident.
Un test de panne à faire une fois par saison
Chaque saison, simulez : coupez internet quelques heures et observez ; débranchez la source de prix et observez ; redémarrez la domotique et vérifiez que les états sont restaurés. Notez le résultat. Exemple : lors du test d'automne, le ballon reste éteint après un redémarrage, car l'état « chauffe autorisée » n'est pas restauré. Le foyer corrige l'automatisation avant l'hiver, plutôt que de le découvrir un matin sans eau chaude. Un système qui n'a jamais été testé en panne n'a pas de plan B, seulement l'espoir d'en avoir un.
Questions fréquentes
Faut-il un plan B pour un simple lave-linge ?
Peu : un cycle qui ne démarre pas se rattrape. Le plan B compte pour les usages dont l'absence se voit vite (eau chaude, recharge du matin) ou dont l'excès coûte (batterie, chauffage).
Le dernier planning en cache est-il toujours valable ?
Seulement pour la journée dont les prix sont connus. Au-delà, retombez sur un niveau de repli fixe : un prix ancien appliqué à une nouvelle journée est une donnée fausse.
Sources et vérifications
Compare Watt est exploité par YENKA ENERGIE. Ce guide est informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée.
